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11.04.2008
De l'efficacité des grèves dans l'Education nationale
Je me pose cette question depuis longtemps. Quel est le problème ? A force de faire grève à tort et à travers, cet outil s'en est trouvé discrédité. Car, à qui le message porté par une grève s'adresse-t-il ? D'abord au Gouvernement mais aussi au grand public.
Or, ces deux adresses ne sont pas forcément conciliables. Soyons clairs, l'opinion publique n'a pas une image très positive des professeurs. Je cite les habituels clichés : toujours en vacances, jamais contents, toujours en grève, etc. Or, la banalisation de la grève a contribué à la discrédité. En effet, à faire grève tous azimuts, et sur des mots d'ordre souvent plus que larges afin d'être fédérateurs, la grève a perdu en lisibilité et en efficacité. De manière générale, les gens ne savent pas toujours très bien pourquoi les professeurs font grève (les médias n'y sont pas non plus pour rien dans cette affaire) et réagissent souvent en disant : "Tiens, cela faisait longtemps ! tiens, un jour de vacances en plus...". Bref, à force de crier au loup, le jour où le loup est vraiment là, peu de personnes nous croient. S'ajoute à cela le fait que les parents, même lorsqu'ils sont bienveillants à notre égard et en accord avec nos revendications ne sont jamais vraiment contents d'avoir à garder leurs enfants un jour de forte mobilisation, si aucun accueil n'est possible dans les établissements scolaires.
Par rapport au Gouvernement, ne pas faire grève, c'est cautionner et acter une situation donnée. C'est aussi, il faut bien le reconnaître, permettre au Gouvernement de réaliser des économies de salaires pour un résultat revendicatif souvent plus qu'hasardeux. Enfin, une grève ponctuelle a-t-elle encore un sens aujourd'hui, pour les raisons précédemment évoquées ?
Je suis convaincu que d'autres outils doivent être utilisés, plus symboliques et plus efficaces. Je pense à des manifestations le week-end, parce qu'elles sont moins gênantes pour les parents, donc plus susceptibles d'attirer leur adhésion, et aussi parce qu'elles illustreraient la détermination de chacun, la "grève" n'ayant pas lieu un jour de travail.
Le second outil, tout le monde le connaît, ce sont les examens. C'est d'ailleurs le seul réel moyen de pression efficace restant, il est vrai hautement symbolique et explosif. Évidemment, au nom de l'intérêt des élèves, ce qui se comprend, de sérieuses menaces n'ont jamais vraiment pesé sur les examens. Pourtant, n'est-ce pas là une vision à court terme de l'intérêt des élèves ? Car, si des menaces devaient peser sur les examens, ne serait-ce pas au nom de l'intérêt des élèves (du moins des successeurs de ceux passant ces examens) pour précisément défendre ou améliorer les conditions de travail de chacun dans le futur ?
Quelles pourraient-être ces "menaces", car se pose un problème de légalité ?
06:34 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : éducation, grève, examens, professeurs, gouvernement



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